Marie CLEMENCE

Qu’il s’agisse d’une guitare, d’une mandoline d’une contrebasse ou même … d’un banjo ! sitôt placé un instrument à corde entre ses mains, Marie se départ de son allure discrète et feutrée pour se révéler en musicienne passionnée.
Bercée depuis la plus tendre enfance au son classique et jazz du tourne-disque familial, Marie trouva à son écoute son terrain de jeu favori. Elle observait ces harmonies et ces voix se déployer au sein de projections mentales qu’elle seule pourrait décrire mais que les mots peineraient à dire.
Pourtant Marie a grandi au milieu des mots et des livres recueillis et restaurés avec soin par ses parents en même temps que leur petite maison Bordelaise de calcaire à astéries, après qu’ils eurent quitter leur appartement de Seine-Saint-Denis.
Mais de ses lectures, Marie a éludé la didactique pour ne retenir que la musique des mots. La famille est modeste mais on apprend ici à tirer le meilleur de la plus petite chose. A l’âge ou d’autre encombraient leur chambre de légo, elle jouait en son for intérieur à des jeux de constructions musicales et élaborait spontanément sa propre représentation spatiale de la musique, un langage sonore intime et fondateur au sein duquel viendront s’agencer toutes les connaissances acquises par la suite.
Inscrite à l’éveil musical à l’âge de cinq ans, elle entame ensuite un cursus de guitare classique au C.N.R de Bordeaux tout en s’exerçant les week-ends sur le piano de sa grand-mère avec les partitions qu’elle trouve çà et là. Elle continue d’affiner ses goûts musicaux au gré de sa curiosité insatiable. Elle garde une écoute éclectique, très influencée par la musique électronique, les musiques du monde et autres musiques actuelles apportées par un oncle mélomane.
Au conservatoire, elle profitera de l’accès libre à toutes les salles pour s’y essayer sur les instruments qu’elle y trouve : harpe, orgue, cuivres… y passant parfois plus de temps que sur son propre instrument. Elle ne se suffit pas de jouer uniquement d’un instrument soliste qui la prive de la possibilité de jouer au sein d’un groupe. Les moyens sont comptés et sa maman prend la plume pour écrire au maire de Bordeaux qui accorde exceptionnellement à Marie une bourse d’étude pour son mérite afin de lui permettre de poursuivre sa formation. Son cursus complété et son Baccalauréat Musique en poche, Marie entre à l’unanimité du Jury au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris en 2005, la ville qui l’a vu naître, où elle approfondira ses connaissances notamment en harmonie.
A la suite de deux D.E.M mention très bien et d’un diplôme d’Etat en Formation Musicale, elle se tourne alors vers l’enseignement qui lui permet de mettre à profit ses capacités d’écoute et d’analyse pour élaborer et affiner une approche pédagogique personnelle, lui permettant notamment de travailler auprès d’un public très jeune, parfois préverbal. Après plusieurs années à enseigner la formation musicale et la guitare au sein de conservatoires, elle se met en quête de nouveaux horizons musicaux répondant à son désir de jouer une musique qui se partage. Explorant les méandres des flots nouveaux de l’internet, elle découvre enfin sa pépite musicale sur les bonnes ondes de « Radioio Bluegrass » dont le nom attise sa curiosité. Il s’agit d’un coup de foudre musical, non pas seulement pour le genre mais aussi pour la communauté qui le joue et la culture du partage qu’il véhicule au travers des jams et des nombreux rassemblements qui l’animent.
Forte de ce nouveau souffle elle participe à plusieurs groupes allant du duo au quintet, au sein desquels elle imprime un style de plus en plus personnel tirant vers ses goûts pour le jazz, le Bluegrass progressif, le Folk et bien sûr la musique classique. Fraîchement installée dans le Puy-de Dôme, il lui arrive parfois de descendre dans un élan de nostalgie faire raisonner l’orgue néomédiéval de l’abbatiale Saint Austremoine d’Issoire.
Son écriture se caractérise par l’exploration en kyrielles de textures et de couleurs souvent prisent dans l’enchevêtrement de métriques différentes.
Se laissant guider par les ambiances ainsi produites jusqu’au point où l’ensemble trouve son univers, elle y trouve un équilibre entre foisonnement émotionnel et apaisement intérieur.
Elle poursuit en parallèle son activité d’enseignement notamment dans le cadre de stages (La Roche Bluegrass Festival, Bluegrass Nature) où elle continue de prendre plaisir à partager sa connaissance approfondie de la construction musicale.
Dorian RICAUX
Dorian a grandi au son du Bluegrass Normand dans une famille de musiciens où il apprivoisa le son des instruments bien avant d’enjamber la barrière de la pratique instrumentale. Il ne manquerait pour rien au monde l’un des concerts de ses parents, bien qu’on le retrouvât souvent endormi dans la housse de contrebasse de sa mère après s’être faufilé derrière la scène avant la fin de la représentation.
Ces sonorités infusèrent en lui jusqu’à maturité quand à l’âge de quinze ans -alors que résonne Tony Rice dans sa chambre mansardée- il se saisit soudain d’une guitare dans la ménagerie instrumentale de ses parents, pour ne plus jamais la lâcher. Un an plus tard, ce sera au tour de Sam Bush et de Chris Thile de poser sur lui leur patte musicale et de le conduire à descendre la mandoline de son perchoir pour répéter l’exercice. Délaissant le Rugby et la vie associative, il poursuit des études d’expertise comptable le jour pour consacrer le reste de son temps à dresser ses instruments en autodidacte. Ce garçon sait compter et pas une note ne lui échappe. il apprend directement à l’écoute des plus grands.
Travailleur nocturne invétéré, il rompt seulement l’apprentissage érémitique occupé par ses insomnies pour se joindre à la jam familiale qui se tient chaque vendredi soir à l’étage du dessous. Dès lors, présent en famille sur tous les Festivals du genre, il réalise une progression fulgurante et se professionnalise au sein des cercles les plus exigeants du Bluegrass Français et Européen.
Adulte, il emménage à Lyon, épicentre du Bluegrass Français et y devient l’un des piliers du milieu bluegrass local avec l’organisation de jams toutes les semaines. Au gré de ces rassemblements musicaux, il se lie à des musiciens irlandais avec lesquels il va beaucoup tourner localement en les accompagnant à la guitare, mandoline et chant. Il rejoint le « Ben Somers string Band » et participe au « Hickory Project » du Mandoliniste Américain Anthony Hannigan, avec lesquels il réalise plusieurs tournées en Europe.

Puis il saisit l’occasion d’aller transmettre sa passion au sein des écoles de sa Normandie natale, ainsi qu’auprès de structures d’accueil en intégrant la Compagnie « Itinéraire Bis ». Il y participe à la création de concerts / spectacles jeune public sous forme d’ateliers éducatifs et de résidences artistiques où les enfants et personnes en situation de handicap apprennent à mettre leurs mots en chanson, à manipuler des instruments insolites, à chanter et à jouer ensemble.
La compagnie intègre un atelier de lutherie urbaine consistant à concevoir et à fabriquer un instrumentarium original d’objets sonores à partir de matériaux de récupération et d’objets du quotidien (bois, tube PVC ou aluminium, pierre, boîte de conserve, roue de vélo, coquillage…). Elle anime dans ce cadre des spectacles éphémères où le public devient artiste, utilisant des instruments de leur conception, issus de la lutherie urbaine.
Toujours très actif sur la région Auvergne Rhône-Alpes il enseigne également la mandoline et la guitare au sein de master-class et dans le cadre du stage du Festival de La-Roche-Sur-Foron qu’il côtoie depuis sa création.